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  • Compagnie les Rois Vagabonds : "Concerto pour deux Clowns"

    La compagnie les Rois Vagabonds : Julia Moa Caprez (Gazelle) et Igor Sellem (Gorki)

    Au programme du Théatre de Vénissieux ce 15 novembre 2013 pour leur création : "Concerto pour deux clowns" Prix du Festival Avignon off 2013

    Le Théâtre de Vénissieux (TV) pose trois questions à la compagnie (CRV) :

    TV :"A choisir, êtes-vous plutôt clowns ou musiciens ?"

    CRV : "Nous sommes clowns et nous faisons de la musique... Notre passion de la musique classique nous a fourni un prétexte simple pour entrer en scène : jouer un concerto. La simplicité de ce prétexte permet de laisser libre cours à l'imagination."

    TV : "Vous cumulez les performances physiques, musicales et humoristiques, quel est votre secret ?"

    CRV : "Nous avons toujours construit avec ce que nous savons faire sans essayer de faire rire. Le clown est dans le concret. On ne fait que vivre des situations et des émotions, c'est cela qui est comique.  Les performances sont des outils pour nous rapprocher du public, pour créer de la surprise, de l'émotion. Un vieux proverbe de clown dit : "Jusqu'à quarante ans on rit de ce que tu fais, après quarante ans on rit de ce que tu es". On est peut-être encore trop jeunes pour simplement être..."

    TV : "Comment avez-vous choisi les morceaux que vous interprétez ?"

    CRV : "Vivaldi était toujours là, du nectar ! ; Strauss est incontournable pour exprimer l'élégance d'une valse ; Albinoni sait susprendre temps et époque ; Ravel rend fou et libre ; Rota a tout compris du coeur des clowns ; Schubert crée grâce et douceur... C'est maintenant que nous voyons cela. Quand nous créons nous n'essayons surtout pas de savoir pourquoi tel ou tel morceau. Nous suivons les rencontres, nos corps, nos envies ; toujours dans une quête de ce qui nous fait vibrer, de ce qui est notre "passion profonde". Les oeuvres que nous interprétons sont connus de la plupart des gens. C'était une volonté de départ. Nous avons fait l'expérience en faisant de la musique dans la rue : les passants s'arrêtent lorsque nous jouons "Les quatre saisons" de Vivaldi alors qu'ils passent sans regarder quand nous jouons des morceaux inconnus... Le fait d'être en terrain connu rend disponible et c'est ce dont nous avons besoin pour faire du clown."

  • "Le Clown : une humanité dilatée" de Jean-Luc Bosc

    « Le Clown : une humanité dilatée »

    De Jean-Luc Bosc, metteur en scène et comédien de la Cie Le Voyageur Debout, clown de théâtre avec « Félix »…

    Extraits de l’article paru dans le N°17 de Culture Clown.

     

    « Le Clown ne serait-il donc que cela ? Quelqu’un comme vous et moi, homme, femme, jeune, vieux, petit, grand, d’un naturel rêveur ou cartésien, plutôt docile ou colérique… mais unique, avec un nom ou un prénom comme vous, comme moi, avec un nez rouge en plus ?

    Un Nez rouge magique qui inviterait le comédien à s’abandonner, à installer en lui une vacuité physique, émotionnelle, mentale, une vacuité intérieure sans limite afin de l’offrir à un petit personnage comme vous et moi. Dans  toute cette place trouvée l’humanité peut alors se dilater jusqu’au délire, jusqu’au rire, jusqu’aux larmes.

    Une humanité dilatée, voilà sans doute la nature de ce personnage. Une humanité qui peut se déployer tant et tant qu’elle illumine, qu’elle dévoile au grand jour toutes nos forces et toutes nos faiblesses au monde, à nous…

    Avec beaucoup de douceur et souvent par le rire,  il nous propose de nous observer et sans gravité nous invite à grandir, tout simplement, que nous soyons le clown ou celui qui le regarde, afin d’honorer la vie qui nous est confiée.

    Il nous rappelle enfin, que même si nous préférons l’oublier, nous sommes le seul, l’unique, l’irremplaçable ! »